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vous avez dit tradition?
Posté par budokai le 4.1.2011 @ 16:46 Dans infos | Aucun commentaire
DE L’UTILISATION INAPPROPRIÉE DU QUALIFICATIF « TRADITIONNEL »
DANS LA PRATIQUE DES ARTS MARTIAUX
Ou comment cet argument sert d’alibi à des motivations moins louables
Tout d’abord prenons les définitions sérieuses de ce qu’est une tradition :
* Tradition désigne la transmission continue d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial (du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »). Cet héritage immatériel peut constituer le vecteur d’identité d’une communauté. Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective : le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l’enrichir. Avec l’article indéfini, une tradition peut désigner un mouvement religieux par ce qui l’anime, ou plus couramment, une pratique symbolique particulière, comme par exemple les traditions populaires.
* Une tradition est, en sociologie, une coutume ou une habitude qui est mémorisée et transmise de génération en génération, à l’origine sans besoin d’un système écrit. Les outils pour aider à ce processus inclus des éléments de poésie comme la rime et l’allitération. Des histoires sont bâties pour une ritualisation de la pensée autour d’une manière de faire et de ses accessoires, désormais fortement relayées par la publicité et les lois.
* Récit qui transmet des faits historiques ou prétendus tels, non attestés par des documents originaux.
* ANTHROPOLOGIE. Tradition orale : ensemble des connaissances historiques et sociologiques propres aux sociétés dites « sans écriture ».
Ensuite essayons de voir ce qu’il est possible de qualifier de traditions, et dans quel domaine, en ce qui concerne les arts martiaux, japonais essentiellement.
Si on veut respecter les critères définis ci-dessus, il faut que :
* Il y est un contenu
* Que celui soit transmis de générations en générations depuis déjà un certain temps
* Que cette transmission soit faite « d’homme à homme », c’est-à-dire d’expérience à expérience, non comme un enseignement didactique (les japonais disent « d’âme à âme ») pas d’écrits nécessaires.
Ensuite il faut avoir une certaine connaissance de l’histoire des arts martiaux eux-mêmes, d’une part, et de la culture japonaise, d’autre part.
La traduction littérale d’arts martiaux étant totalement incomplète.
Il faut y distinguer les quatre grandes familles que sont les kobujutsu
(les vrais arts martiaux de l’époque féodale), les kobudo, les shinbujutsu et les shinbudo.
En période moderne les arts martiaux sont la kalachnikov, les bombardements, etc.…
Les pratiques ouvertes au public ne sont pas (plus) des arts martiaux.
Si en ce qui concerne l’aspect technique, les kobujutsu on pu garder leur aspect d’antan, les shinbudo tel que l’aïkido, sont des disciplines trop modernes pour présenter dans ce domaine un caractère traditionnel.
Il est aussi possible d’aborder l’aspect du mode de transmission.
Celui qui était en vigueur dans les écoles de kobujutsu et de kobudo représente la tradition en ce domaine.
Aujourd’hui les shinbudo sont enseignés à tous ceux qui règlent leur cotisation, attirés par des actions de promotions de la part des enseignants et clubs, enseignants ayant des qualifications parfois à la limite du ridicule.
Prenons exemple de l’école katori shinto ryu, qui perpétue encore ce mode de transmission.
Les élèves sont en nombres limités, sur liste d’attente parfois, signent de leur sang, et seul le chef d’école désigne qui a le droit de l’assister ou d’enseigner.
Est-ce système qui est aujourd’hui en vigueur en aïkido ?
Reste les valeurs morales mises en valeur dans telle ou telle pratique, qui peuvent faire un lien avec un aspect traditionnel (domaine du projet social, humain, cité au début).
Faut il encore que pour les transmettre, celui qui les enseigne, les possède, les aient « réalisées » dans sa pratique, sa vie, sa conscience.
Quant on sait qu’une vie entière de pratique intensive peut ne pas suffire, que dire d’enseignants arborant des grades modestes, ayant seulement quelques années de pratique, ou d’autres auto promus à des grades élevés totalement fictifs, parfois mêmes achetés.
Maintenant une citation, d’une personne parlant et écrivant le japonais (maître de calligraphie, maître de shinto muso ryu jojutsu, pratiquant diverses disciplines depuis longtemps, ayant vécu au japon :
Prononciation: Kèiko Chôkon
Signification: Réfléchir sur ce qui se faisait par le passé, en retrouver l’esprit et le faire revivre dans notre environnement actuel
Style utilisé. Fluide (Gyôsho)
Calligraphe: Shûritsu (Pascal Krieger)
Forme scripte
forme scripte (kaisho) des ideogrammes
Le premier idéogramme signifie «penser, réfléchir» (Kangaeru), le second «ancien» (Ko), le troisième «faire briller» (terasu) et le dernier «maintenant» (Ima).
Ce concept propose une réflexion sur la tradition et ce que l’on peut en faire. S’il s’agit de singer nostalgiquement ce qui s’est fait dans le passé, alors la tradition, dans notre contexte actuel, se retrouve très vite recouverte d’un ridicule manteau poussiéreux. Si, au contraire, on s’applique à rechercher l’esprit qui a donné naissance “à ces traditions, et qui donnerait naissance à de toute autres choses aujourd’hui,et qu’on actualise cet esprit dans notre propre environnement, alors la tradition retrouve tout son sens.
Il est significatif que le mot «Keiko» est encore communément utilisé de nos jours dans la langue japonaise pour parler d’entraînement principalement dans les disciplines et arts martiaux. Chaque session nous offre d’expérimenter des gestes d’autrefois dont la finalité était d’ôter la vie à un adversaire et qui, une fois «actualisés» nous permet de faire un travail sur nous‑mêmes dont la finalité est, aujourd’hui, le développement physique, mental et spirituel de l’individu afin de l’aider à une meilleure intégration dans le monde où il vit.
P.K
Bien, nous avons a peut près fait le tour du problème de base, posons nous donc la question suivante :
Y’a-t-il un aïkido plus traditionnel qu’un autre ?
Dans sa technique ?
L’aïkido n’étant pas un problème de technique, de forme….
Une technique qui serait plus proche de celle du fondateur de l’aïkido ? C’est ennuyeux car celle-ci n’a cessé d’évoluer au fil de sa vie.
Dans le mode de transmission ?
Nous avons vu plus haut ce qu’il en était.
Dans les valeurs transmises ? C’est le propre de tout aïkido (sinon ce n’est pas de l’aïkido).
Où alors ? On se le demande.
En fait qui utilise cet argument de l’aspect plus traditionnel de leur pratique par rapport aux autres qui disent pratiquer la même discipline ?
Qui dit laver plus blanc ? Et pourquoi ?
Si on observe l’histoire de cette discipline on peut ce rendre compte que le phénomène n’est pas nouveau.
A chaque fois que cet argument a été invoqué il coïncide avec une scission d’un petit groupe de pratiquants, menés par quelques enseignants bien intentionnés, vis-à-vis d’une structure fédérale dite envahissante ou inadaptée.
En fait, en allant un peu plus loin que les arguments avancés, il s’agit souvent de problème de pouvoir et d’argent.
Le pouvoir : décerner des grades, être reconnu, paraître devant les foules (stages), et dans une « petite » structure que l’on fonde soi même, la concurrence est moins rude, évidement.
Il y a aussi ceux qui estiment qu’ils n’ont pas été jugés à leur juste valeur…
Et ils sont nombreux !!!
Singer, imiter, reproduire tant bien que mal, avec plus ou moins de compréhension du sens profond de ce que l’on reproduit, n’a rien à voir avec un aspect « traditionnel ».
De plus pour entrer quelque peut dans les aspects profonds d’une tradition martiale qu’elle quelle soit ce n’est pas avec quelques années de pratique, 2 ou 3 fois par semaine.
Alors de là à prétendre la transmettre et la représenter, je ne vous raconte pas !
Au passage que des élèves d’un Maître, prétendent mieux défendre la tradition que celui qui leur à transmis une part de son savoir…………………….
Je vous laisse seuls juges.
Une chose encore, cette mise en avant d’un aspect traditionnel, comme système de différenciation de soi par rapport aux autres, au « monde », utilise une ficelle psychologique, qui est fréquemment utilisée par des dérives sectaires :
une frustration, une sensation que tout va mal, que c’était mieux avant, que l’on fera partie d’une élite, que l’on est pas reconnu comme on le devrait, car on en a besoin d’être reconnu, évidemment.
Le monde autour est « méchant », il ne nous aime pas, etc…ce sont des méthodes de manipulations classiques, (traditionnelles) où on cherche à isoler les pratiquants de toutes références ou images autres qui pourraient l’influencer. Ne disposer que d’une seule source d’information n’a jamais été la garantie de la liberté !
En quoi une structure « calquée » sur une autre culture que la notre serait elle le garant d’un aikido meilleur que celui pratiqué au sein d’une structure moderne, comme une fédération ?
Même les dojo japonais ont évolués, somme nous plus capable en tant qu’européen de dire ce qu’est ou non la culture et la tradition japonaise que les japonais eux-mêmes ?
Ce qui compte avant tout c’est la qualité des individus et non la structure.
Pour qui se prennent ces gens qui veulent le faire croire ? Certains donnant des conférences (à la place de leur cours) sur une culture qu’ils ne connaissent que par les livres, où ils n’ont puisé que ce qui leur convient, à dessein. Sans avoir vécu au japon, sans en parler la langue (ni l’écrire)?
Ces gens sont des escrocs, des usurpateurs, des affabulateurs.(des mythomanes aussi)
Inventant un monde à leur image de paranoïaques, où ils ont besoin d’entrainer les autres pour se convaincre eux-mêmes qu’ils existent.
Sans parler des aspects mercantiles qui généralement vont de pair avec des tels comportements. L’argent étant souvent considéré par eux, lorsqu’ils en gagnent, comme preuve de la valeur de leur propos et de leur technicité.
Ce qui est totalement faut et illusoire.
Et les aspects de pouvoir et d’aura qui vont avec le leadership au sein d’un groupe amène souvent des satisfactions d’ordre « relationnel » dirons nous, avec les personnes du sexe féminin (qui ne seraient peut être pas si nombreuses ou si faciles autrement).
Le monde des arts martiaux, et l’aikido n’y échappe pas, est un creuset de l’amplification de l’ego mania, alors que l’on prétend la plupart du temps venir pratiquer pour lutter contre l’ego, justement !
Réfléchir sur ce qui se faisait par le passé, en retrouver l’esprit et le faire revivre dans notre environnement actuel.
on s’y interessera, car la tradition est elle un monolithe figé en terre ? ou l’expression de la vie? nous vivons dans le présent, je pense.
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