les styles en Aikido?

Une autre des questions fréquemment évoquée concernant l’Aikido est l’existence de différents styles ou écoles.

Selon que l’on recherche tel ou tel image de l’Aikido, on se dirigera vers telle ou telle expression de la pratique.

En déduire qu’une expression est un style ou une école est prématuré.

De plus, rechercher une idée préconçue de la pratique, alors que justement on ne connaît pas cette pratique, me semble une voie de garage, une impasse.
Comment peut t’on déterminer que telle ou telle forme de pratique est « la bonne » ou « meilleure » qu’une autre, lorsque l’on n’a qu’une approche rudimentaire de cette pratique ?

Savoir à l’avance ce que l’on cherche, dans une discipline que l’on ne connaît pas, c’est déjà fermer son esprit à ce que cette discipline peut vous apporter.

De nombreuses personnes appréhendent l’Aikido avec une idée précise de ce qu’il veulent y trouver. Reproduisant souvent un schéma comportemental habituel.

Très souvent des maximes comme « garder les yeux d’un enfant » ou « regarder les choses comme si c’était la première fois » sont présentes dans l’enseignement de l’Aikido et du Budo.

Pour apprendre il faut abandonner ses propres certitudes.
Peut être seront elles confortées par la suite, peut être pas, mais toute vision pré conçue entraîne une sorte « d’aveuglement », de non perception des choses qui sont importantes.

Quel rapport avec l’en tête de l’article ? me dirais vous.

Je crois qu’au contraire le rapport est grand.

Chacun cherchant une expression particulière de la pratique le satisfaisant ( et là le mot satisfaisant à un sens profond) et n’étant souvent pas prêt à abandonner ces idées toutes faites, et sa volonté de se faire plaisir ( c’est là où le mot satisfaisant prend son sens !)
Il est très facile de trouver des biais pour justifier tout cela.
Les « styles » ou les « écoles » d’Aikido ont pour une grande part leur source dans ces comportements.

La question principale reste posée : y’a t-il des styles ou des écoles différentes d’aikido ?

Certains maîtres qui aujourd’hui suivent ce chemin, pour des raisons qui leurs sont propres, ont pourtant répété haut et fort autrefois que cela n’était pas possible !!!
L’AIKIDO EST AVANT LA TECHNIQUE

L’aikido n’est pas une technique, une suite de techniques, une forme ou une autre d’exécution de telle ou telle technique, déjà connue pour la plupart dans d’anciennes écoles de jujitsu !!
L’exécution de la technique est l’expression « visible » des principes de l’aikido.

L’aikido n’a pas de forme.

Comment pourrait-il y avoir des styles et des écoles différentes ?
C’est d’ailleurs pour cela que les vrais maîtres finissent par ne plus exécuter de techniques proprement dites comme nous les connaissons et pratiquons à notre stade d’évolution.
La compréhension intuitive des principes, la maîtrise des éléments « temps, espace, mouvement, placement » la lecture appropriée des « intentions » de l’attaquant font que l’action se déroule sans heurt, donc sans « défense » et un seul placement dans un temps donné peut suffire, sans qu’il y ait besoin d’exécuter une technique « visible ».
Cela nécessite un parcours, une pratique au cours de laquelle une phase « d’abandon de soi », de l’égo est necessaire.

Aujourd’hui pour des raisons diverses, souvent pécuniaires ou de satisfaction d’égo, des maîtres connus fondent leur style.
Rapporté au fait que ceux ci méprisent en général les européens (c’est un trait culturel du japonais, et qu’ils ont par là le moyen d’exploiter l’engouement de ceux ci pour ces disciplines).
Pour eux il n’y a pas de mal à cela, nous sommes des gaijins, nous ne pouvons rien comprendre au budo, ils ne se fourvoient pas en faisant cela (du point de vue de leur culture).

Parfois ces écoles naissent suite à des différents, des dissensions entre eux, dans lesquels nous n’avons strictement rien a voir ( peut être même des histoires de familles !).
Chez eux aussi, les rivalités personnelles, les mésententes existent. Nous n’en sommes que des jouets.

En règle générales ces styles s’organisent autour d’un ou deux des critères suivants à la fois :

1. L’efficacité
2. La spiritualité
3. L’esthétique
4. L’aspect sportif (intensité des entraînements)

Tous ces aspects sont présents dans la pratique de l’Aikido.

Mais tous doivent être présents aussi !! Si il en manquent un, la pratique est incomplète.
Mais il ne sont peut être pas tous présents au même moment.
Peut on demander à un débutant d’être efficace ? a une personne d’un certain age de s’entraîner de façon intensive ? etc.
Il y a des paliers, des moments propices, qui ne sont pas identiques pour tous.
Traiter tous les pratiquants avec le même « régime » est une erreur pédagogique (humaine ?) certaine.

Il n’y a pas non plus de « méthode miracle », une qui formerait à coup sur des pratiquants d’élites. Bien que certains le croient. (et tout le monde pratique t-il avec l’idée de faire partie d’une élite ? ces derniers n’auraient-ils pas le droit à pratiquer ?)

Reproduire des méthodes d’enseignement propre au moyen age japonais, n’est pas une garantie de succès pour un européen de l’an 2000.
A contrario, adapter de trop la pensée cartésienne occidentale à des concepts orientaux parfois obscurs, n’est pas non plus une solution souhaitable.

Reproduire les signes extérieurs d’appartenance à telle ou telle « école » ne garanti pas non plus la compréhension profonde des ses enseignements, aussi honorables soit-ils.

C’est d’autant plus ambigu que la plupart du temps, ce sont des comportements appartenant à une autre culture, d’une autre époque, à laquelle, sans avoir profondément étudié l’histoire,
peut être même la langue, qui est particulière, nous ne pouvons pas comprendre grand chose.
Ne singeons pas, découvrons par l’humilité non faites apparence ce qui est ou n’est pas partie intégrante de l’étiquette du budo (le reishiki) épuré de ce qui n’est que la transmission de valeurs culturelles archaïques qui ne nous concernent pas.

C’est je pense de cet aspect là que nous aurons à parler la prochaine fois.