Grades
Dans le monde du budo il est de notoriété que nos pratiques sont destinées à lutter contre notre ego, présenté comme source de tous les maux.
Qui n’en conviendrait pas serait mal vu. Et chacun affiche « bruyamment » son adhésion à ce principe. C’est un poncif.
Mais, soit je suis très mal intentionné, soit il me semble que la façade ne dure pas bien longtemps.
Tant que l’élève est dans le nombre, la foule, etc. il semble (pas toujours) que les choses restent calmes. Puis vient le temps des récompenses, des grades qui viennent et se suivent, régulièrement, comme une chose qui découle d’elle-même, sans que vraiment il n’y ait d’autres éléments que le temps écoulé qui soit différent du grade précèdent. La technique n’est pas plus brillante. Les autres éléments, ceux qui prévalent au dessus de la technique sont toujours absents. Mais tout le monde est content. Le pratiquant qui peut enfin faire bonne figure, ainsi que les « politiques » de l’aikido qui ont des résultats à afficher face à la concurrence. L’hypocrisie est de mise, marché de dupes.
N’en déplaise à certains, le chemin du budo, de l’aikido, est un chemin d’humilité.
Et ce que je vois autour de moi, même chez des amis de longue date, qui ont pour certains des qualités techniques plus qu’honorables, ce n’est pas cette humilité, cette bienveillance vis à vis des autres, ce recul par rapport à ça propre image.
Je constate malheureusement que la carotte « dan » n’a jamais eut autant de prétendants !
(Certains même le réclame, démarche qui va à l’encontre des principes du Budo, ceux qui sont sensés nous faire évoluer, grandir, justement)
De plus il y a aussi la « ninjin » la carotte japonaise, le dan aikikai, sujet de tous les phantasmes pour certains, le label ultime, LA PREUVE qu’ils attendent tous.
D’où vient ce manque de considération de soi qui mène à rechercher des signes extérieurs pour être valorisé aux yeux des autres ? Ce que nous sommes ne suffit il jamais, qu’il est toujours besoin d’en mettre plein la vue aux autres pour se sentir exister ?
Bon point infantilisant, le grade est monnaie d’échange. Même pour le Japon monnaie tout court !
Est-ce que vous imaginez ce que représentent les sommes récoltées de par le monde au nom des grades Aikikai ? Votre grade tant espéré à plus de valeur pour le japon que pour vous, c’est leur casse croute.
Le japon exploite la bêtise des gaijin, c’est leur bizness, on implante des directeurs de magasins (les shihan) de ci de là, des chefs de dep (au sein des fédés) des chefs de rayons (dtr and co) et on ramasse les royalties……
Il vous plait toujours autant votre grade « label japon » ?
Et que dire des titres d’enseignants ? destinés à récolter les taxes sur grades..
En devoir vis-à-vis de ceux qui leur ont attribué le titre, en fait un titre qui devrait symboliser l’aboutissement personnel dans la voie ne devient qu’un contrat de soumission au besoin de la maison mère, propriétaire de l’enseigne mondiale.
Qui veut être le délégué (non exclusif) doit payer patente. être chef de rayon ça comporte des obligations.